Parce ce que c'est essentiel et que la première chose à apprendre c'est peut être ça : apprendre à discuter.
C'est à dire parler, mais surtout échanger au sens large, donc parfois donner, parfois recevoir et souvent les deux.
Le départ sera le BSD et pour en parler quel meilleur interlocuteur que son fondateur ?
Bien sur, il n'est pas question ici de recevoir une quelconque "parole divine" mais bien de s'exprimer et même de confronter des idées différentes. Fabrice ROBERT.

FR : D’où vient le BSD ?

JL.Brinker :

Si vous vous posez la question de savoir quelles sont les origines du BSD et donc de votre pratique, voici un extrait du livre " Les Arts Martiaux " de la collection Encyclopédique " Que sais-je " paru en mars 99, dont les auteurs sont : Emmanuel CHARLOT, journaliste spécialisé dans les revues d'Arts Martiaux, consultant pour la chaîne Paris Première et auteur de documentaires télévisés. Et Patrick DENAUD, journaliste auteur de documentaires télévisés et spécialiste de la violence et des conflits.

" A l'ombre des guerriers, de la noblesse d'épée, s'épanouit aussi la joute roturière. Expert bâtonnistes, Maîtres du marteau de forge, du fouet et de la fourche, s'expriment dans des débats campagnards mais néanmoins violents dans lesquels se règlent les conflits paysans. La science des colporteurs, des errants, des pèlerins, des ouvriers itinérants, des voleurs et des saisonniers, échappe le plus souvent à l'histoire. Pourtant, cet art de la route isolée et de la ruelle sombre a contribué de façon décisive à l'élaboration des techniques à mains nues de la " self-défense " d'hier et d'aujourd'hui ".

A la suite de ce texte, ces journalistes expliquent également une discipline japonaise connue actuellement sous le nom de Ko-Budo

" L'histoire de l'île d'Okinawa sous domination japonaise, développant des systèmes de combat à mains nues et avec instruments agraires pour lutter contre l'art élaboré des samouraïs est exemplaire de ce que pouvait être la richesse de ces systèmes de combat nés hors de la caste guerrière ".

Sur ce point, je rajouterai que le Jogo do Pau actuel sous forme sportive, (Jeu de Bâton Portugais), est issu directement de joutes paysannes pouvant aller jusqu'à la mort. Encore au début du siècle, des itinérants, experts dans le maniement du bâton, enseignaient dans les villages leur art de défense aux paysans contre gîte et couvert.

Quant au BSD, créé en 1986, il essaie de retrouver les gestes des anciens et de préserver une culture Française qui s'est perdue au fil du temps, celle-ci revient de nos jours sur le devant de la scène dans bon nombre de disciplines sous diverses appellations à consonances étrangères, mais surtout asiatique.

Malheureusement ce retour est du à l'insécurité actuelle, il ne faut cependant pas rêver, l'insécurité actuelle c'est maintenant les armes automatiques.

Donc, les personnes qui proposent une " Self-Défense " à mains nues, ne doivent pas induire les néophytes en erreur.

La " Self-Défense ", en tout cas le BSD, par la pratique des ces gestes anciens, à mains nues, avec bâton ou autres armes contondantes, est seulement utilisé pour mieux se connaître, mieux connaître les autres et savoir gérer sa propre violence par le respect d'autrui.

Voici la devise philosophique du BSD " Eduquer le corps aux techniques martiales, c'est éveiller l'esprit à la non violence sous toutes ses formes "

 

FR : Quel est le but de parler des arts martiaux ?

JL.Brinker :

Pour un(e) débutant, le BSD peut être le point de départ d’une recherche individuelle sur les Arts Martiaux.

Pour un(e) pratiquant(e), quelque soit sa ou ses disciplines, le BSD peut enrichir ses connaissances.

Dans le système de formation des Asiatiques, il y a bien sûr à prendre ... et à laisser. Cependant, une initiation que l’Occident à volontairement oublié de conserver dans les arts dits " martiaux ", sont les " Mondos " (Entretiens de Maître à Disciple).

Oubliés volontairement, car l’Occident a opté pour une forme sportive de différentes disciplines, chacune ayant bien sûr sa fédération, avec ses propres règlements, sa propre éthique et ses propres lacunes. Or, la partie sportive ou compétitive dans l’art martial, ne représente que 20% de ce qui est à découvrir dans une discipline. Certains puristes diront même que la compétition va à l’encontre du but recherché. Je n’irai pas jusqu’à là, il en faut pour tous les goûts et la compétition pour les jeunes est très formatrice, mais ce n'est qu'une étape.

Le principal pour un pratiquant(e) est d’être " bien dans sa peau et ...dans sa tête". On conduit un véhicule, non pas avec ses mains et ses pieds, mais avec sa tête, pour l’Art Martial, c’est la même chose.

Ces " Mondos " à l’époque, étaient très formateurs et complétaient la pratique. On pouvait s’entretenir directement avec son " maître ", de tout, même de politique. Actuellement en Occident, avec le système sportif de l’art martial, ces entretiens ont totalement disparus, mais ont étés récupérés par des soi-disant " Maîtres " ou " Gourous " à tendance sectaire.

Le Nouvel Observateur du mois d’août 1999, explique bien cela :

" J’ai eu vingt ou trente maîtres de tai-chi (gymnastique chinoise), avant d’en trouver un qui m’ouvre une voie d’accès à l’épanouissement intérieur ", explique la sinologue Catherine Despreux, pionnière des arts martiaux en France.

Les charlatans pullulent. Les sectes aussi. " Il ne faut jamais renoncer, sous prétexte de s’ouvrir à une pensée différente, à la grande conquête de l’esprit occidental : l’analyse critique, conseille cette spécialiste du taoïsme. 

"Fiez-vous à celui qui vous laisse une entière liberté de jugement ". Ou le trouver, ce sage, ce guide, ce maître véritable ? " En cherchant ", répond Catherine Despreux. "La quête fait partie de la Voie ".

 

FR : Comment détecter le charlatanisme ?

Le charlatanisme martial est profondément mercantile, il est donc naturel et humain que de véritables enseignants, cherchent à informer en toute humilité, le plus précisément possible et avec passion, les nouveaux adhérent(e)s, dont l’ignorance d’une culture martiale, tout à fait justifiée, peut être exploitée.

Quant aux pratiquant(e)s avancés, quelque soit leur discipline ou leur niveau de connaissance, ils se doivent, non seulement de bien connaître les origines de leur art, mais aussi d’avoir une culture générale sur les arts martiaux, tant théorique que pratique, ceci permettant une pratique intelligente, efficace et complète. Seule cette culture permet une transmission juste de la pratique.

Le BSD est ouvert à toute forme de pratique et de communication, les " vrais " Mondos ont sûrement disparus, mais le " débat martial ", sous une forme moderne et démocratique, peut naître, il suffit de le vouloir. C’est cela, faire revivre ce que les " Anciens " nous ont transmis.

C’est à vous Pratiquant(e)s de faire l’effort et de vous organiser. Le savoir ne peut se transmettre que si le besoin s’en fait sentir.

Un vieux proverbe dit : " On ne peut remplir un verre plein ". Le BSD n’imposera jamais rien à personne, mais sera toujours au service d’une quête qu’elle soit individuelle ou collective.

Ce site Internet est un excellent instrument de progression et peut permettre en effet, de se poser les premières questions fondamentales tant sur notre pratique que sur notre vie.

FR : Merci beaucoup.

JL Brinker : Merci à vous.

 

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